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Libido et ménopause : ce qui change, et les solutions qui existent
Baisse de désir, sécheresse, rapports douloureux : ce que change la ménopause, les solutions qui ont fait leurs preuves et les soignants à qui en parler.
En bref
La ménopause peut s'accompagner d'une baisse de désir et, surtout, d'une sécheresse vaginale qui rend les rapports moins confortables, voire douloureux. Ce n'est ni inévitable ni définitif : la plupart de ces gênes se traitent. Et la ménopause est rarement seule en cause : sommeil, humeur, santé et vie de couple comptent aussi.
Ce que la ménopause change, et ce qu'elle ne change pas
Selon QuestionsSexualité, le site de Santé publique France, environ 40 % des femmes ménopausées signalent des difficultés sexuelles, comme une baisse de libido ou une sécheresse. La baisse des hormones peut aussi rendre les tissus moins souples et réduire le nombre de contractions au moment de l'orgasme, sans que son intensité diminue, et la période s'accompagne souvent de changements émotionnels.
Le NHS cite la baisse de libido parmi les symptômes de la ménopause, à côté de la sécheresse, des brûlures ou irritations vaginales, des bouffées de chaleur et des troubles du sommeil. Ces derniers comptent : on a rarement envie quand on dort mal.
La ménopause ne marque pas pour autant la fin de la sexualité. Beaucoup de femmes la vivent autrement, parfois avec plus de liberté, une fois la contraception devenue inutile.
Sécheresse et inconfort : un syndrome qui se soigne
Les médecins parlent de syndrome génito-urinaire de la ménopause pour désigner la sécheresse, les irritations, l'inconfort pendant les rapports et certains troubles urinaires liés à la baisse des œstrogènes. Selon la Société nord-américaine de la ménopause, il concernerait, selon les études, de 27 % à 84 % des femmes ménopausées. Il est sous-diagnostiqué, parce qu'on en parle peu, alors qu'il est le plus souvent traitable.
Une douleur pendant les rapports n'est jamais à accepter en silence : notre article sur les rapports douloureux explique qui consulter et comment s'y préparer.
Quand la baisse de désir ne vient pas des hormones
Toutes les baisses de libido autour de la ménopause ne s'expliquent pas par les hormones. Cette période de la vie est souvent chargée : enfants qui partent ou restent, parents vieillissants, travail, parfois nouveaux traitements ou soucis de santé. Les grandes causes de baisse de libido décrites par le NHS (stress, humeur, relation, médicaments, maladies chroniques, alcool) restent valables à cet âge.
Pour s'y retrouver, trois questions peuvent aider. L'envie a-t-elle vraiment baissé, ou est-ce surtout l'inconfort qui fait éviter les rapports ? La baisse a-t-elle coïncidé avec d'autres changements ? Est-ce qu'elle vous pèse à vous, ou surtout à votre couple ? Les réponses orientent vers des solutions différentes : traiter la sécheresse, revoir un traitement, prendre soin de l'humeur ou en parler à deux. Notre article sur la baisse de libido détaille ces pistes.
Les solutions qui ont fait leurs preuves
Lubrifiants
Utilisés au moment des rapports, ils réduisent les frottements. Premier réflexe, sans ordonnance (voir la planche « La lubrification »).
Hydratants vaginaux
Appliqués régulièrement, indépendamment des rapports, ils améliorent le confort au quotidien.
Œstrogènes par voie vaginale
Sur prescription, ils traitent la sécheresse à la source, à faible dose et localement.
Autres traitements locaux ou oraux
La DHEA vaginale ou l'ospémifène sont cités par les recommandations nord-américaines ; leur disponibilité dépend des pays.
Traitement hormonal de la ménopause
Il peut améliorer plusieurs symptômes, dont ceux qui pèsent sur la libido. Il se décide avec un·e médecin, après un bilan des bénéfices et des risques.
Testostérone
Selon un consensus international de 2019, sa seule indication fondée sur des preuves chez la femme est la baisse de désir persistante et pénible après la ménopause, diagnostiquée après une évaluation complète. Hors de ce cadre, les données manquent.
Laser vaginal
La Société nord-américaine de la ménopause juge les preuves encore insuffisantes pour le recommander.
Ce qui aide au quotidien
Prendre son temps
L'excitation peut demander plus de temps qu'avant. Ce n'est pas un problème : c'est une information.
Élargir la palette
La sexualité ne se résume pas à la pénétration. Caresses, massages et tendresse ont toute leur place.
Prévoir le confort
Lubrifiant à portée de main, position confortable, possibilité de s'arrêter à tout moment.
En parler à deux
Expliquer ce qui change aide votre partenaire à comprendre et évite les malentendus.
Soigner le sommeil et l'humeur
Traiter les bouffées de chaleur ou une humeur basse a souvent un effet sur l'envie.
À qui en parler
Une sage-femme, un·e gynécologue, votre médecin traitant ou un·e sexologue peuvent vous recevoir. Ils et elles peuvent traiter la sécheresse et la gêne pendant les rapports, chercher les autres causes d'une baisse de libido et vous orienter. N'attendez pas que la gêne soit importante : plus tôt on en parle, plus les solutions sont simples.
Questions fréquentes
Est-ce que la libido revient après la ménopause ?
Souvent, oui, surtout quand on traite ce qui la freine : sécheresse, douleur, sommeil, humeur. La ménopause n'est pas la fin de la vie sexuelle.
Comment retrouver sa libido à la ménopause ?
Commencez par le confort (lubrifiant, hydratant, traitement de la sécheresse), prenez votre temps et parlez-en à deux. Si la baisse persiste et vous pèse, consultez : un bilan permet de chercher les causes et de discuter des traitements.
Comment la ménopause affecte-t-elle l'excitation ?
La baisse des œstrogènes peut réduire la lubrification et la souplesse des tissus, et l'excitation peut demander plus de temps. Ces changements se prennent en charge.
Faut-il un traitement hormonal pour retrouver le désir ?
Pas forcément. Beaucoup de gênes se traitent localement. Le traitement hormonal de la ménopause, ou plus rarement la testostérone, se discutent au cas par cas avec un·e médecin.
Sources
- QuestionsSexualité : sexualité, ménopause et andropause (questionsexualite.fr)
- NHS : symptômes de la ménopause et de la périménopause (nhs.uk)
- The 2020 genitourinary syndrome of menopause position statement of The North American Menopause Society. Menopause (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
- Davis S. R. et coll. (2019). Global Consensus Position Statement on the Use of Testosterone Therapy for Women (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)
- NHS : Low sex drive (loss of libido), baisse de libido (nhs.uk)
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