Aller au contenu
PlizME

Article

Différence de libido dans un couple : comprendre l'écart et trouver un terrain d'entente

Quand l'un a plus envie que l'autre : pourquoi l'écart de désir est fréquent dans un couple, ce qui aide selon la recherche et quand consulter à deux.

Mis à jour le · 5 min de lecture · sources en fin d'article

En bref

Ne pas avoir la même envie que son ou sa partenaire est très courant, et ne dit rien de l'amour que l'on se porte. L'écart de désir est l'une des raisons les plus fréquentes de consulter en thérapie de couple. La recherche suggère de ne pas en faire le problème d'une seule personne, mais une situation à gérer à deux, sans pression et dans le respect du consentement de chacun·e.

Un écart très courant

Le désir varie d'une personne à l'autre et d'une période à l'autre : fatigue, stress, traitement, arrivée d'un enfant, ménopause ou simple routine peuvent le faire bouger. Il est donc logique que deux personnes ne soient pas toujours au même niveau.

Dans l'enquête britannique Natsal-3, les femmes en couple dont le partenaire n'avait pas le même niveau d'intérêt pour le sexe étaient beaucoup plus nombreuses à déclarer un manque d'intérêt prolongé. L'écart et la baisse d'envie s'entretiennent souvent l'un l'autre.

Ni coupable, ni « malade »

On parle souvent de la personne qui « a moins envie » comme de celle qui pose problème. Une étude menée auprès de 133 couples d'étudiant·es américain·es conclut au contraire qu'il vaut mieux s'intéresser à l'interaction entre les deux partenaires qu'à une seule personne au désir bas. L'écart pesait d'ailleurs sur les deux partenaires : sur la satisfaction sexuelle des femmes, sur la satisfaction dans la relation des hommes.

Le modèle du désir « réactif », décrit par Rosemary Basson, aide aussi : chez beaucoup de personnes, l'envie ne surgit pas d'elle-même mais apparaît une fois que l'on se sent disponible et en confiance. Celle ou celui qui a « moins envie » a parfois surtout besoin d'un autre contexte.

Un écart récent ou une différence de toujours ?

Un écart qui apparaît d'un coup n'a pas la même signification qu'une différence présente depuis le début. Une baisse récente chez l'un·e peut avoir une cause précise : naissance, allaitement, ménopause, nouveau traitement, période de stress, douleur. Dans ce cas, mieux vaut s'occuper de cette cause que de l'écart lui-même ; nos articles sur la libido après l'accouchement, à la ménopause ou sous pilule peuvent aider.

À l'inverse, une différence de tempérament installée depuis toujours se gère plutôt par le dialogue et l'organisation : trouver un rythme qui convienne aux deux, varier les formes d'intimité, accepter que l'un·e ait parfois envie sans que l'autre suive. Dans les deux cas, la question à se poser ensemble est la même : qu'est-ce qui nous ferait du bien, à tous les deux ?

Ce que la recherche dit de ce qui aide

Une étude de 2020 a recensé 17 stratégies utilisées par des couples face à un écart de désir, regroupées en cinq familles :

Prendre de la distance

Laisser tomber le sujet, s'éloigner. Fréquent, mais peu efficace pour le couple.

Communiquer

En parler, expliquer ce que l'on ressent et ce dont on a besoin.

Une activité seul·e

Satisfaire son envie de son côté, sans que cela soit vécu comme un rejet.

Partager autre chose

Tendresse, câlins, moments à deux sans enjeu sexuel.

Avoir un rapport malgré l'écart

Seulement quand la personne qui a moins envie le choisit librement, jamais sous la pression.

Les stratégies tournées vers le couple (communiquer, partager d'autres moments) étaient associées à une meilleure satisfaction sexuelle et relationnelle, mais pas à plus de désir. Autrement dit, l'objectif réaliste n'est pas forcément d'égaliser les envies, mais de mieux vivre l'écart ensemble.

En parler sans reproche

  1. Choisir le moment

    Pas au lit, pas juste après un refus : un moment calme, ailleurs.

  2. Parler de soi

    « Je me sens… », « J'aurais besoin de… » plutôt que « Tu ne… jamais ».

  3. Dire ce qui aide et ce qui freine

    Fatigue, ambiance, manière d'aborder les choses : chacun·e apporte ses informations. La planche « Dire ce qui plaît » est consacrée à cette conversation.

  4. Séparer tendresse et sexualité

    Pouvoir se rapprocher sans que cela engage forcément plus loin rassure souvent la personne qui a moins envie.

  5. Essayer, puis faire le point

    S'accorder sur une ou deux choses à tester, par exemple un exercice de toucher sans objectif, puis en reparler quelques semaines plus tard.

Ce qu'il vaut mieux éviter

Compter, comparer, insister ou faire culpabiliser installent un cercle où l'un demande et l'autre se ferme. Personne n'a à accepter un rapport par obligation : le consentement se donne à chaque fois, librement, et peut se retirer à tout moment. Respecter un refus n'est pas un échec ; c'est ce qui permet que l'envie revienne un jour sans crainte.

Quand consulter à deux

Si l'écart crée des disputes, de la distance ou de la souffrance, un regard extérieur peut aider. Un·e conseiller·e conjugal·e et familial·e (une profession à laquelle forme notamment l'AFCCC) ou un·e sexologue accompagnent les couples sur ces questions. Si une cause précise semble en jeu chez l'un·e ou l'autre (douleur, traitement, humeur basse), un avis médical s'impose aussi : notre article sur la baisse de libido détaille les causes fréquentes.

Questions fréquentes

Différence de libido dans un couple : que faire ?

En parler calmement, chacun·e en disant ce qu'il ou elle ressent, séparer tendresse et sexualité, chercher ensemble ce qui aide, et consulter si l'écart fait souffrir. La recherche montre que les stratégies à deux améliorent la satisfaction du couple.

Est-ce normal de ne pas avoir la même libido que son partenaire ?

Oui, c'est très courant. Le désir varie selon les personnes et les périodes. L'écart devient un sujet quand il fait souffrir l'un·e ou l'autre.

Faut-il se forcer pour faire plaisir ?

Non. Un rapport n'est jamais un dû. Certaines personnes choisissent librement de partager un moment intime sans envie de départ ; ce choix doit rester le leur, sans pression.

Un sexologue peut-il aider un couple ?

Oui. Un·e sexologue ou un·e conseiller·e conjugal·e aident à comprendre l'écart, à mieux en parler et à trouver des solutions adaptées au couple.

Sources

  1. Vowels L. M. & Mark K. P. (2020). Strategies for Mitigating Sexual Desire Discrepancy in Relationships. Arch Sex Behav (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)
  2. Mark K. P. & Murray S. H. (2012). Gender differences in desire discrepancy as a predictor of sexual and relationship satisfaction. J Sex Marital Ther (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
  3. Graham C. A. et coll. (2017). Prevalence of lacking interest in sex (Natsal-3). BMJ Open (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)
  4. Basson R. (2000). The female sexual response: a different model. J Sex Marital Ther (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
  5. QuestionsSexualité : comment savoir si mon/ma partenaire a envie d'une relation sexuelle ? (questionsexualite.fr)
  6. SNMS : qui consulter en sexologie ? (snms.org)
  7. AFCCC : Association française des centres de consultations conjugales (afccc.fr)

PlizME est un contenu éducatif réservé aux adultes. Cet article informe : il ne remplace pas l'avis d'un·e professionnel·le de santé.

Paramètres

Thème

Taille du texte

Animations

Les gestes restent visibles, image fixe. En pause d’office si votre appareil demande moins d’animations.

Progression

Langue

  • Français (langue actuelle)
  • English bientôt
  • Deutsch bientôt
  • Español bientôt
  • Español (Latinoamérica) bientôt
  • Italiano bientôt
  • Nederlands bientôt
  • Português bientôt
  • Русский bientôt
  • 日本語 bientôt
  • 한국어 bientôt
  • 简体中文 bientôt
  • 繁體中文 bientôt

PlizME

Réservé aux adultes

PlizME parle de sexualité avec précision. Son contenu est réservé aux personnes de 18 ans ou plus.

Cette planche est réservée

Elle n’est pas dans votre accès pour l’instant. Sa partie, ou l’accès total, l’ouvre.